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Makhlouf Bouaich, la passion des mots

Militant pour l'égalité Hommes-Femmes, fervent défenseur des Droits de l'Homme, ce Pénivauxois originaire d'Algérie a fait de l'écriture son exutoire, sa thérapie.
En 2020, nous vous annoncions la mise en place d’une étude sur la biodiversité au cimetière communal, l’objectif étant d’en savoir davantage sur la faune et la flore qui peuplent ce lieu.En 2020, nous vous annoncions la mise en place d’une étude sur la biodiversité au cimetière communal, l’objectif étant d’en savoir davantage sur la faune et la flore qui peuplent ce lieu.En 2020, nous vous annoncions la mise en place d’une étude sur la biodiversité au cimetière communal, l’objectif étant d’en savoir davantage sur la faune et la flore qui peuplent ce lieu.En 2020, nous vous annoncions la mise en place d’une étude sur la biodiversité au cimetière communal, l’objectif étant d’en savoir davantage sur la faune et la flore qui peuplent ce lieu.En 2020, nous vous annoncions la mise en place d’une étude sur la biodiversité au cimetière communal, l’objectif étant d’en savoir davantage sur la faune et la flore qui peuplent ce lieu.

 

 

 

 

 

Interview complète de Makhlouf Bouaich (Reflets n°254) 

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nouveau roman reflets

 

Reflets : Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours de vie ? 

Makhlouf Bouaich : De toutes les questions qu’on me pose, celle de me présenter reste la plus redoutée. En effet, il m’est difficile de parler de moi, je vais donc vous répondre en abrégeant quelque peu. Je suis natif d’un village de Kabylie, non loin de Bougie, ville dans laquelle justement j’ai passé le gros de mon adolescence : j’y ai vécu jusqu’à l’âge de vingt ans, ce qui fait que cette ville reviendra souvent dans mes écrits, et à laquelle j’ai dédié un de mes poèmes, intitulé « Ma ville ».

(Raconte-moi ma ville,

Berceau de tous mes rêves,

Dis-moi sa côte tranquille

Et parle-moi de sa grève…)

Mon parcours de vie ? Je dirais qu’il a été quelque peu atypique. Dans mon parcours, on relèvera le manque de cohérence qui l’a jalonné. Après le lycée, je voulais être enseignant. D’ailleurs j’ai fait l’école normale de Sétif, une ville de l’est algérien. Mais j’ai changé plusieurs fois de cap en commençant et interrompant des formations dans les domaines pour lesquels je croyais avoir la vocation. Ainsi je commence une formation de technicien instrumentiste aux hydrocarbures (Skikda), puis, après réception des résultats d’un autre concours passé en même temps que celui de technicien de Sonatrach, je vais à l’ITHT (Institut des techniques hôtelières et touristiques de Tizi-Ouzou) pour un BTS en tourisme.Arrivé en France, j’ai aussi opté pour une formation de technicien comptable et une autre de BTS en comptabilité et gestion (cette dernière avait été interrompue après la première année).

Dans le travail, c’est aussi un autre parcours atypique : enseignant, chef de bureau en gestion immobilière, chef de section approvisionnements… Jusqu’au poste de responsable marketing d’une petite entreprise. On pourra constater qu’aucun lien cohérent n’existe entre tous les postes occupés. En 1996, je pars en Libye, à Tripoli, et là aussi je change totalement de cap : je deviens électricien du bâtiment pendant trois ans, travail qui n’avait aucun lien avec les fonctions occupées précédemment. En France, j’ai exercé dans l’électricité bâtiment, puis dans la maintenance, après avoir quand même travaillé pendant une année dans un cabinet d’expertise comptable, à Paris.

Reflets : Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? Pourquoi et comment avez-vous commencé à écrire ? 

Makhlouf Bouaich : Oh ! que oui. Tout de suite après avoir lu un roman entier de Mouloud Feraoun (le fils du pauvre), et des extraits de « Les misérables » de Victor Hugo, je me suis mis dans la tête d’imiter ces deux écrivains. Ils m’avaient subjugué au point où je ressentais que leurs écrits étaient faits pour moi. Mais j’ai commencé par écrire de la poésie, plus inspirée de celle de Baudelaire (spleen), que de celle de Victor Hugo que j’admirais pourtant plus que tout autre. 

Reflets : Combien d’ouvrages avez-vous écrits ? Si vous deviez sélectionner une seule œuvre, laquelle serait-elle ?

Makhlouf Bouaich : En tout et pour tout, depuis que j’ai eu la chance d’être sélectionné par un comité de lecture d’une maison d’édition, en 2000, j’ai fini huit ouvrages. J’ai dit fini, car j’en ai écrit d’autres, sans pour autant les finir.

 

Si je dois sélectionner une œuvre, j’opterai pour le dernier en date. Les œuvres éditées sont les suivantes :

  • Mémoires remuées (roman), Art Com éditions, Paris, 2000
  • Le malheur de Maria (roman), éditions Le Manuscrit, Paris, 2001
  • Poèmes désencagés (poésies), éditions Le Manuscrit, Paris, 2002
  • Destin de femmes (nouvelles), éditions Marsa, Paris, Alger, 2008
  • Elégies amères (poésies), Edilivre, Paris, 2010
  • Paroles silencieuses (poésies), éditions Maïa, Paris, 2019
  • Les exilés (roman), autoédition plateforme Amazon, 2020
  • Ça ne fera pas pleurer les anges (roman), éditions Douro, Chaumont, 2021.

Reflets : Où trouvez-vous votre inspiration ? (faits réels, anecdotes personnelles, imagination…)

Makhlouf Bouaich : L'inspiration, on la trouve partout, particulièrement dans les faits réels. Tenez, un exemple : avant la pandémie, j’étais dans un bus à Paris, et, sans même le vouloir, j’ai entendu toute une conversation de deux personnes assises sur les sièges devant moi. Non seulement cela m’a inspiré des dialogues, mais aussi tout un passage dans un éventuel futur roman. Je démarre donc de cette conversation pour créer une histoire autour. Comme y a, bien sûr, une très grande part d’imagination. Quant aux anecdotes personnelles, je dirais que, jusqu’à présent, les romans que j’ai écrits contiennent une part autobiographique. Il est plus facile de décrire des situations vécues que celles de son imagination… Cela est valable pour moi. Je sais que les professionnels de l’écriture, ceux qui vivent de leurs œuvres, ils imaginent tout.

Reflets : Que vous apporte l’écriture ? 

Makhlouf Bouaich : L’écriture est, pour moi, un exutoire et une thérapie. Quand on est, comme cela arrive à chacun d’entre nous, dans un moment où on broie du noir, qu’on est envahi par des idées qu’on aimerait chasser, sans le pouvoir, on se tourne vers le papier, à qui on raconte nos « déboires », papier patient qui accepte nos larmes et les absorbe. Exemple, cet extrait d’un poème des années quatre-vingt, publié dans « Paroles silencieuses » :

Ma plume est bien triste ;

Elle ne verse que des pleurs

Sur le papier, patient,

Qui supporte mes douleurs,

Comme il supporte indifférent

Les anas des heureux…

Reflets : Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ?

Makhlouf Bouaich : « Ça ne fera pas pleurer les anges », mon dernier roman, paru aux éditions Douro, à Chaumont, en février 2021, raconte l’histoire de jeunes migrants algériens (des moins jeunes aussi d’ailleurs), qui, fuyant le terrorisme de années quatre-vingt-dix, ainsi que la terreur de l’État, se retrouvent, en Tunisie et en Libye, dans des situations parfois inextricables. Ce roman se veut un témoin d’un passé très récent qui a marqué, peut-être à jamais, une génération de déracinés, qui s’est retrouvée sans repère aussi bien dans son propre pays que là où ils étaient « accueillis ». Les jeunes fuient le pays, mais ne trouvent nulle part l’Eldorado tant espéré dans les pays d’accueil. Il arrive, parfois, que le rêve soit encore plus dur que le cauchemar fui. Je ne vais pas tout raconter, je laisse le lecteur découvrir l’histoire.

Reflets : Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ? 

Makhlouf Bouaich : Je ne sais pas, en ce qui me concerne, si on peut parler d’avenir (rire). Je crois qu’il est derrière moi. Mais je souhaiterais qu’on me souhaite de rester encore en vie le temps de dire -d’écrire- toutes ces idées qui tournent sans cesse dans ma tête. Me délester de ce fardeau (rire)

Reflets : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’écriture ? 

Makhlouf Bouaich : Une question pertinente. Pour l’avoir vécu, je sais que beaucoup doivent avoir cette peur qui vous bloque à chaque fois que vous vous s’essayez à l’écriture. Je vous dis une chose : pour surmonter cette « peur » et vous dire, qu’après tout, ce ne seront que des mots que vous poserez sur votre feuille momentanément blanche, foncez ! Le principal est de se lancer. Ecrire une phrase, n’importe laquelle, quitte à réécrire. Il vous sera plus facile de réviser vos écrits une fois que vous avez vos phrases bien posées sur votre feuille (ou votre écran).

Si j’ai d’autres conseils à donner, c’est :

- Lire beaucoup. Particulièrement des ouvrages qui reflètent vos idées d’écriture ;

- Fréquenter des ateliers d’écritures, organisés aussi bien en présentiel que sur Internet ;

- Participer à des concours d’écritures, etc… Cela vous permettra d’acquérir de l’expérience, de vous corriger petit à petit en apprenant de vos erreurs.

- Aujourd’hui, avec Internet, vous pouvez avoir des opportunités d’apprentissage et d’orientation, chose qui nous a manqué, à nous, la vieille génération (rire).